«… L'érotisme comme tout ce qui rend la vie palpitante, est une quête avant d'être une transgression. La transgression survient comme conséquence de la quête. Et ce n'est pas de la transgression que vient le plaisir mais, comme dans toute autre activité, de la quête. Du dépassement de soi-même plutôt que du dépassement des limites imposées par la loi commune (le premier entraînant le second).»

Alina Reyes, Corps de femme.

 

Redonner du sens aux sens.

 

Manger et faire l’amour sont des nécessités universelles  qui peuvent ouvrir des espaces de liberté considérables.

Hors du social, de la norme, des injonctions publicitaires sur le bien jouir et le bien consommer, ce sont des lieux singuliers de désobéissance, de lâcher prise.

Car chaque façon de manger, de cuisiner, de séduire, de faire l’amour n’a d’égale que l’imaginaire de celui qui la porte.

Mange moi est une expérience du trouble, une réappropriation heureuse du monde par le pouvoir d’évocation des  mots, des aliments, matières à imagination, à sensation, matières littéraires et vivantes qui transfigurent l’être, une explosion de vie.

 

Eros au féminin

 

Dans Mange moi, c’est le personnage féminin qui est à l’initiative du jeu littéraire érotique.

C’est elle qui, en premier, prend les mots des autres pour ré enchanter le sexe, recréer des interdits afin de vivifier ce maître mot de l’Eros féminin : le désir.

C’est un choix délibéré que ce soit d’abord la femme qui s’empare d’un genre littéraire qui pendant des siècles était fait par et pour les hommes.

La femme entrainant l’homme dans ce jeu, l’homme y dérapant joyeusement, l’homme et la femme roulant-boulant dans les mots.

Une attention particulière est portée aux choix des textes, privilégiant les écrivaines pionnières du XXème siècle comme Mireille Sorgue, Violette le Duc, Pauline Réage qui ont ouvert la voie à celles du XXIème siècle comme Lily Prior, Alina Reyes, Françoise Rey etc.

 

Art culinaire

 

Mange moi est une créature spectaculaire à deux têtes : littérature érotique et gastronomie, en dialogue et friction permanents.

Le chef est le troisième personnage invisible et palpable de cette expérience : partenaire changeant en fonction du lieu, sollicité pour sa créativité, son sens de l’émotion, son savoir unique, il a le pouvoir  de s’immiscer dans ce qui fait spectacle

 

 

 

                      

 

                                                                                                                                                                                  Gwenaëlle Mendonça et Marilyne Lagrafeuil. Août 2015.

  • w-facebook
  • w-tbird
  • w-googleplus