MATCH !

AUTOFICTION SUR LA RENCONTRE AMOUREUSE A L’ÈRE DU NUMERIQUE

Création 2021

Posture d’écriture

Ma recherche d’autrice s’articule autour de l’autofiction.

Je me considère comme une matière traversée par différentes expériences sociales dont je rends compte.

C’est comme si j’enregistrais le monde en le vivant.

Je me considère très peu comme un être unique, au sens d’absolument singulier, mais comme une somme d’expériences, de déterminations aussi, sociales, historiques, sexuelles, de langages et continuellement en dialogue avec le monde (passé et présent), le tout formant forcément une subjectivité unique.

Mais je me sers de ma subjectivité pour retrouver, dévoiler des mécanismes ou des phénomènes plus généraux, collectifs.

Je voudrais que toute ma vie devienne quelque chose d’intelligible et de général, se dissolve complètement dans la tête et la vie des gens.

Il pensait dans les autres et les autres pensaient dans lui comme l’a écrit Brecht.

 

Il me semble qu’en écrivant, je me projette dans le monde, au-delà des apparences, par un travail où tout mon savoir, ma culture aussi, ma mémoire etc sont engagés et qui aboutit à un texte, donc aux autres,

C’est tout le contraire d’un travail sur soi.

La valeur collective du « je », du monde du texte, c’est le dépassement de la singularité de l’expérience, des limites de la conscience individuelle qui sont les nôtres dans la vie, c’est la possibilité pour le.la spectateur.trice de s’approprier le spectacle, de se poser des questions ou de se libérer.

C’est au fond ma propre vision du théâtre et de la littérature que j’affirme, c’est à dire mon désir que chaque phrase soit lourde de choses réelles, que les mots ne soient plus des mots, mais des sensations, des images, qu’ils se transforment, aussitôt écrits/entendus, en une réalité dure, par opposition à légère comme on dit dans le bâtiment.

 

Le sujet de la pièce

Il m’est apparu que la thématique des sites de rencontre n’était pas traitée artistiquement.

Ou alors de manière caricaturale et jugeante.

Ce mode de rencontre symptomatique de notre monde contemporain concerne énormément de personnes de tous âges et milieux sociaux. Il m’est familier.

J’ai voulu m’emparer de ce sujet et le traiter de manière sensible sans a priori et jugement moral en partant de ma propre expérience.

Pourquoi va-t-on sur un site de rencontre ?

Quelles sont les attentes, espoirs, frustrations, addictions, déceptions ?

Pourquoi se désinscrit-on ?

Pourquoi y retourne-t-on ?

L’autre face, la face cachée de ce sujet, c’est la solitude et les injonctions à la mise en couple comme marqueur de « normalité sociale », particulièrement pour les femmes.

C’est peut être le véritable sujet de la pièce.

 

La forme – le monologue

Un récit porté par un personnage au travers duquel passent les voix de 12 autres personnages.

Ce récit est rythmé par une partition de chansons d’amour populaires interprétées en live par un musicien chanteur.

Parce que, comme le dit Fanny Ardant dans « La femme d’à côté » de François Truffaut : A la radio j’écoute uniquement les chansons parce qu’elles disent la vérité. Plus elles sont bêtes plus elles sont vraies. D’ailleurs elles sont pas bêtes, qu’est-ce qu’elles disent ? Elles disent : ne me quitte pas, ton absence a brisé ma vie ou je suis une maison vide sans toi ou bien sans amour on est rien du tout.

Ces chansons disent sans détour ni distance l’absolu de la passion et aussi son universalité.

Elles prolongent ou frictionnent le paysage intérieur de l’héroïne.

 

La dramaturgie

Le récit est construit en 3 parties.

Prologue.

Chapitre 1. La trentaine

Chapitre 2. La quarantaine

Le récit se déroule donc sur plusieurs années : enfance, adolescence, première mise en couple avec les injonctions inhérentes (enfant, achat d’appartement etc) et cap fatidique de la quarantaine.

L’inscription dans des époques et des âges différents du parcours de l’héroïne permet de dérouler le fil d’une émancipation, d’une quête sans cesse en mouvement.

Les différentes périodes dessinent aussi les contours de longues amitiés féminines, font la part belle à la sororité.

 

Tragédie ou comédie

J’aime laisser le choix aux spectateur.trice.s, lecteur.trice.s de décider s’il faut rire ou pleurer.

J’écris donc sur la ligne de crête du tragique et du comique.

C’est une recherche constante du « ton juste » pour atteindre l’universalité du propos.

Marilyne Lagrafeuil

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ÉQUIPE DE CRÉATION

Interprétation, mise en scène et écriture : Marilyne Lagrafeuil

Création musicale et interprétation : Sébastien Chadelaud

Collaboration artistique : Alexandre Doublet

Scénographie – costumes : M. Lagrafeuil et A. Doublet

Création lumière : William Lambert

CALENDRIER PRÉVISIONNEL

Résidence 0 / Hors plateau / 15 jours
Préparation d’une première hypothèse

Février à Août 2021

Résidence 1 / L'Odyssée - Scène conventionnée de Périgueux
Validation première hypothèse de travail
30 août au 11 septembre.

Résidence 2 / Théâtre Jean Vilar. Eysines.

Mise en œuvre
29 septembre au 8 octobre

Résidence 3 / Théâtre du Cloître - Scène conventionnée de Bellac
Ajustements
7 octobre au 8 Novembre

Création
9 Novembre 2021

PARTENAIRES (en cours)

L'Odyssée - Scène conventionnée de Périgueux

Théâtre du Cloître - Scène conventionnée de Bellac

Théâtre Jean Vilar - Eysines

Les 3T - Châtellerault

Le Gallia théâtre - Saintes (sous réserve)